PATRIC LACASSE

PATRIC LACASSE

Résidence: 07-23 janvier | 05-13 février
Vernissage: samedi 13 février 19H
Exposition: 13 février au 14mars 2010
Finissage: samedi 13 mars 12H30

[dans le cadre du 14e Festival REGARD sur le court métrage au Saguenay]

La caméra subjective crée le sentiment d’identification par le fait qu’elle se substitue à l’œil en adoptant sa position et ses mouvements. C’est un peu comme si c’était nous qui portions le regard et avons dès lors la possibilité de se substituer au caméraman. Si peu de différences dans le comportement d’une caméra et nous avons la possibilité de nous porter dans le corps de quelqu’un d’autre. Qu’en est-il alors, lorsque je prête le jeu à un autre membre du corps, qu’en est-il quand c’est un pied qui jette « son » regard sur le monde ?

Georges Didi-Huberman, dans son très beau livre Être crâne, un essai sur le travail de Giuseppe Penone, aborde un mot très étrange : aîtres. Peu commun, en effet, ce mot toujours employé au pluriel signifie nos intérieurs, ceux de la maison, ceux de l’individu. L’auteur développe son mot-valise en parlant des dessins d’intérieurs de crânes humains, des frottis sur les parois internes, faits par Penone. L’aître serait un espace qui contient la personne et sa pensée et quand l’artiste déploie ses frottis, l’aître occupe l’espace devant les dessins, l’espace où se trouve le visiteur. L’espace de la galerie est dorénavant occupé par un fantôme dans lequel nous sommes invités à nous insérer.

L’image mouvement conduite par un pied et présentée devant notre pied, à sa hauteur, nous invite à la même réflexion. Le déploiement du fantôme se recrée, le corps peut occuper l’espace et, pour le visiteur, le sentiment d’identification opère. La distanciation arrive alors que cette possibilité de se projeter se brouille.

La remise en forme, c’est celle d’un retour à la pratique après une absence de près de trois ans ; c’est la course à pied, mais je ne suis, en fait, qu’un faux sportif.

Né en 1969, Patric LACASSE vit à Lennoxville. Ses installations proposent un regard sur l’altérité de l’oeuvre et du lieu ainsi que sur les questions d’identification et de distanciation. La notion de corps y est centrale. Ces dernières années, son travail a été vu dans plusieurs expositions de groupe et manifestations d’art-performance. Ses installations vidéo et sonores ont notamment été exposées au Centre Skol (2002), à la Manif d’art de Québec (2003), à l’espace 1004 (2004) et à la galerie Graff (2005). Son engagement envers l’art action l’a conduit vers plusieurs congrès et festivals internationaux. En 2006, il participe activement au succès de Viva ! Art-action, au sein duquel il agit comme co-commissaire d’une program- mation internationale ainsi que comme coordonnateur du Bain St-Michel, lieu d’accueil de l’événement. Cette résidence au Lobe marque le retour de LACASSE à une nouvelle production depuis qu’il enseigne au Cégep de Sherbrooke.

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