MARIANE TREMBLAY

résidence_09 au 20 mai | exposition_20 mai au 9 août 2016
vernissage_vendredi le 20 mai à 17h00

CE QUI TROUBLE

Travaillant l’implicite tout en cultivant une capacité à contempler et à s’émerveiller, Mariane Tremblay explore le caractère pérenne ou éphémère de trouvailles, des objets signifiants qui lui tombent sous la main, et qui souvent sous-tendent un acte de patience. À travers son intérêt pour la temporalité, se pose une réflexion sur la désuétude d’objets, de techniques et de rites. Ceux-ci servent de matière première à sa volonté de garder en vie ce qui est destiné à devenir souvenir et de posséder ce qui file entre les doigts.

Une défectuosité oculaire l’a menée à interroger le potentiel de diffraction de la réalité, entre son existence, son observation et son interprétation. Cette contrainte visuelle qui l’oblige à porter une attention accrue aux choses, met au jour des manifestations du temps et des phénomènes subtils qui peuvent échapper à la perception.

L’espace PLATEFORME a de particulier d’être inaccessible au public, pouvant seulement être apprécié de loin et regardé en plan large. Non sans créer une certaine forme de frustration chez l’artiste, l’obstacle de la distance a incité Mariane Tremblay à offrir un outil pour satisfaire le goût du détail. Inspirée du phénomène de réflexion de la vitre et de l’illusion d’un espace continu que celui-ci peut engendrer, cette installation d’interventions dessinées volontairement discrètes peut être pleinement appréciée de la balustrade à travers des lunettes d’approche. Entre calme et tempête, intérieur et extérieur, animé et inanimé, réel et déformation, l’intrigue naît sur la paroi du verre des fenêtres de la PLATEFORME pour atterrir sur celui des lunettes d’approche, où le regardeur devient réellement observateur.

Détentrice d’une maîtrise en arts visuels de l’UQAC, Mariane Tremblay a présenté son travail artistique dans la région du Saguenay–Lac-St-Jean, à Deschambault, à Québec, à Montréal et en Colombie. Certaines de ses œuvres figurent dans plusieurs collections privées et publiques. Parallèlement à sa pratique en atelier, elle s’intéresse aux mots en collaborant graphiquement au recueil de poésie Par où n’est le plaisir se déchire la chair d’Anick Martel (LaClignotante, 2016) et à stylo d’Argent (Éditions Lapin Lièvre de Magali B. Marchand, 2014). En écrivant pour le catalogue n°40 des Résidences croisées de l’Agence culturelle/Frac Alsace et de Langage Plus (2015), la revue Zone Occupée (2013 et 2015) et la publication RiAP 2014 des Éditions Intervention, Mariane superpose sa propre vision de l’art actuel à la pratique d’autres artistes.

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https://marianetremblay.com