PERFORMANCES BOGOTÁ-SAGUENAY

CARLOS MARIA, NADIA GRANADOS & JUAN PABLO BELTRAN HILARION

MEDIATRICE CULTURELLE | CONSTANZA CAMELO SUAREZ

Performances : Jeudi 03 mai 2012 à 19h

Dans le but d’articuler des dynamiques et des rapports artistiques avec des partenaires provenant des Amériques ainsi que de contribuer aux échanges entre le milieu universitaire et le milieu de diffusion de l’art actuel, nous proposons le premier volet de ce programme de résidences de court séjour. Cette initiative est menée à terme grâce à la collaboration de plusieurs instances publiques telles que la Mairie de Bogota (IDARTES), l’Université du Québec à Chicoutimi, le centre d’artistes Le Lobe et La Fonderie Darling.

Pour cette occasion, et pendant deux semaines, trois artistes colombiens ont été invités à réaliser des expérimentations à caractère performatif. Leurs pratiques problématisent les usages du corps dans notre société et présentent des corps performatifs, en déplacement. Ils soulignent l’hybridité de nos systèmes géopolitiques et la complexité des identités qui doivent se redéfinir autrement. Des fois, leur déplacement les fait agir dans l’espace public comme des acteurs sociopolitiques singuliers. D’autres fois, c’est un déplacement qui fait apparaître leurs présences en les situant de façon intermédiaire entre l’in situ et le virtuel.

Juan Pablo Beltran Hilarion, propose des performances qui génèrent des processus de participation culturelle avec des communautés. Pour cet artiste, se déplacer implique ce mouvement individuel de notre regard et de notre entendement lorsqu’il se confronte à autrui. Juan Pablo Beltran Hilarion est aussi le co-fondateur du groupe de recherche-création GEO-CORPUS, groupe qui s’intéresse à l’étude de l’influence de l’environnement socio-culturel sur les phénomènes performatifs en espace public.

Nadia Granados est une artiste qui a élaboré son travail performatif en utilisant des dispositifs technologiques. Sa pratique explore les relations entre la pornographie traditionnelle et la violence. Elle se déplace entre l’art et activisme, entre le cabaret performatif et la vidéo-performance via streamming. Son projet intitulé Acción Erótica Libertaria (Action érotique libertaire) présente les actions de l’alter ego de l’artiste : LA FULMINANTE. Cette dernière nous convie à rentrer dans le monde de l’auto-représentation, de la méta-porno et du fonctionnement d’Internet avec ses stratégies d’information et de dénonciation d’une société devenue marché mondialisé (www.lafulminante.com).

Carlos Maria continue à développer son projet CROSSOVER. Méditations sur le corps culturel. L’artiste se sert provisoirement de l’anglicisme crossover pour représenter la fusion de la danse, la musique et la poésie depuis une approche performative. Par des arrangements reliant des styles, des éléments rythmiques et des expressions qui ne vont pas ensemble habituellement, l’artiste nous introduit à des questionnements sur le genre, une recherche de ce qui est identifiable, par rapport au mouvement, de l’être «gay». L’artiste affirme que cet être se retrouve dans un état interstitiel, reconnaissable et indéfini en même temps. Il le considère un «corps culturel» à re-figurer par le faire en art action.

[Source : Constanza Camelo-Suarez]