Concept

I am not a curator. I organize festivals and artistic events, but I consciously used to introduce myself as a performance artist.
Performance art mediates between a concept, the individuality of an artist and a context which they are set in. […] Emotions and instinct play a fundamental role in that discipline. I based my own creative output mainly on the former. It is not a solid foundation, yet an experimental artist takes a risk from the very definition.

Is it possible to create the programme of the performance art festival, basing it on intuition and personal preferences, and being guided merely by emotions? […]

This is a perfect opportunity for an emotional experiment.

There is another reason why I am consciously rejecting the concept. While being the organizer of events and festivals and also working on organisation of artists-in-residence programmes, I had a chance to observe a disturbing phenomenon. The system of distributing grants causes situations in which only authors of good applications — particularly curators — are promoted. The role of the latter has been increasing to the level of cult.[…] Both the concept and the whole curators’ activity are expanding on the areas, up to now reserved for artists themselves.
It causes the over-interpretation of the theme festivals that limit the freedom of creative comment. In extreme cases, the selected artists make works on assigned topic implementing the artistic vision of a curator. I witnessed the attempts of fawning on a curator, which sometimes led to auto-censorship.

My artistic instinct tells me to create an open platform for diverse artists. In order to create such a diversity, I referred only to emotions in selecting artists. On the list, there are artists who I admire, love, envy and who I am afraid of. The artists are going to present only that what is important at the particular stage of their output. […]

Performance exists only while being created and received. It is a property of the momentary community of artists and viewers, in which there is no place for art critic who may have an impact on what we feel. We experience it activating instinct, senses and emotions. The thorough analysis and complete understanding may come only after performance is accomplished, sometimes it takes more time even for the performer.
Giving up the intellectual hypocrisy and the theory made on the use for applications, I would like to put on a directness, an open form and the freedom of artistic expresion, and even a possible failure uncompromisingly appraised by the receivers.

– Concept de Tomasz Szrama’s pour le festival Interakcje 2016 —
XVIIIe festival d’art international à Piotrków Trybunalski, Pologne.

 

Concept d’Hugo Nadeau pour la Résidence de commissaire 2017-2019 du Lobe — Trop de réalité, à Chicoutimi, Canada.

Je ne suis pas un commissaire. J’organise des expositions et des événements artistiques, mais j’ai consciemment l’habitude de me présenter comme un artiste visuel et un performeur. L’art agit comme médiation entre un concept, l’individualité d’un.e artiste et un contexte dans lequel ils s’inscrivent. Les émotions et l’instinct y jouent un rôle fondamental. J’ai basé ma propre création principalement sur le second. Ce n’est pas une fondation solide, mais l’artiste expérimental prend un risque par sa définition même.

Est-il possible de créer un programme de centre d’artistes, le basant sur l’intuition et les préférences personnelles, en se laissant guider par les émotions?

L’opportunité est parfaite pour une expérience émotionnelle.

Il y a une autre raison pour laquelle je rejette consciemment le concept. À titre de jury, organisateur d’événements et d’expositions, travaillant également à l’organisation de programmes d’artistes en résidence, j’ai eu l’occasion d’observer un phénomène troublant. Le système de distribution des subventions crée des situations dans lesquelles seuls les auteurs de bonnes applications — en particulier les commissaires — sont choisis. Le rôle de ces derniers a pris en importance jusqu’au niveau du culte. Le concept et l’activité des commissaires se développent dans les espaces jusqu’alors réservés aux artistes eux-mêmes. Cela conduit à la surinterprétation des thématiques qui limitent la liberté du commentaire créatif. Dans les cas extrêmes, les artistes sélectionnés réalisent des projets sur un sujet assigné, mettant en œuvre la vision artistique du commissaire. J’ai été témoin de tentatives de complaisance menant parfois à l’autocensure.

Mon instinct artistique me dit de créer une plateforme ouverte pour divers artistes. Pour créer cette diversité, je me suis référé uniquement aux émotions dans ma sélection. Dans la liste, il y a des artistes que j’admire, que j’aime, que j’envie et dont j’ai peur. Les artistes ne vont présenter que ce qui est important à l’étape particulière de leur pratique.

L’art existe seulement en étant créé puis reçu. Elle est la propriété de la communauté momentanée des artistes et des spectateurs, dans laquelle il n’y a pas de place pour le critique d’art qui peut avoir un impact sur ce que nous ressentons. Nous l’expérimentons en activant l’instinct, les sens et les émotions. L’analyse approfondie et la compréhension globale peuvent venir seulement après l’accomplissement du travail, et parfois il faut encore plus de temps à l’artiste.

Délaissant l’hypocrisie intellectuelle et la théorie affichées lors des appels de dossiers, je voudrais proposer la création sans intermédiaire, la forme ouverte, la liberté d’expression et même l’échec possible, à être soupesés sans compromissions par les spectateurs.